INTRODUCTION

26 mai 2019 Vernissage de » la Fête de l’Estampe à l’Atelier Privat, Bègles ;

 

 

Comme Bernard participe pour la troisième fois à la Fête de l’Estampe, je placerai ma petite bafouille sous le signe de l’évolution, non dans sa théorie mais

dans la pratique. Il y a, parmi vous, celles et ceux qui le connaissent, lui et son œuvre, d’autres pas. Donc petite piqure de rappel pour les premiers, initiation

dxpress pour les seconds. Quand naguère Bernard intègre les Beaux-Arts, il teste une à une les expressivités mais au final s’en détourne pour, je le cite,

« détricoter l’ensemble de l’apprentissage et retrouver les sensations premières. » De cette curiosité créative et non maladive surgissent des personnages,

d’abord de taille réduite, des sujets obsessionnels. Là encore, attention : on n’est pas dans le champ de la névrose, mais bien au contraire de l’intime en expansion ;

Bon an mal an Privat en calcifie la mythologie, celle que j’ai par ailleurs pompeusement rebaptisée Mythomorphie. Car la « morphê » au double sens de Forme

et de Matière Constitutive tient dans son œuvre une place égale à celle du travail de et sur l’imaginaire.Equilibre et parité qui lui permettent de créer sans se

détruire, de durer sans endurer, et que le visiteur peut faire les gros yeux, s’étonner d’un spontané Oh la la ! ou d’un sourire de connivence, de re-connaissance.

Donc des femmes/ femmes, êtres hybrides ou gentils monstres, toute une galerie de personnages qui trouvera le chemin des galeries tout court. A partir de 2014, les séries enrichissent leurs thématiques, comme en témoignent les titres : Dieux Japonais, Processions, Chariots, Trains, Vertiges Rouges, etc…Et puis

Il y a chez Privat l’attrait- ou l’amour discret- pour l’animalité. Et révèle un axe créatif assez décalé. A l’instar des minéraux et des végétaux, les animaux

sont des forces élémentaires capables de se convertir en foyers d’énergie. En eux le peintre entre en résonnance : conscience d’un instinct positif. Mais qui

reste disputée chez l’humain grâce ou à cause de ses formatages de pensée. Prendre les animaux comme vecteurs, c’est tirer l’intellect de ses phobies, en

naturaliser les blessures.

Ces derniers mois l’évolution s’est manifestée par l’usage du Médium, une sorte d’isorel dur appliqué au protocole habituel d’estampage. Sauf qu’avant la pose

sur lino les motifs sont découpés à la scie sauteuse : résolution au ½ millimètre, un travail de ouf. ( D’ailleurs il faudra qu’un jour je vous parle plus précisément

des rapports génétiques que Privat entretient en art et artisanat.)  La matière est donc engagée sur plusieurs objectifs :

En minimisant l’ancrage on obtient un ressenti vibratoire à la surface ;

Un effet quasi cinétique, comme on le constate avec ces extraordinaires « Bustes en Procession » ;

Par son relief bidimensionnel, le médium propose une autre approche rétinienne.

C’est avec cette économie de l’élégance que Privat efface le duel entre être et paraître, entre l’être et le pas-être. Pour conclure, je ne pourrai faire mieux que de

citer Anne Billon : « La violence du trait, du liquide coloré éclaboussant le papier cache une grande tendresse et une forte compassion pour ces personnages,

simples reflets de ce que nous sommes. Regardons-nous dans les yeux de Privat. »

 

 

 

Merci infiniment pour votre attention, Thierry Delhourme        –

 

 

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