chariots

 

Tout est là:

La roue divise pour avancer. Désir mécanique. les passagers sont gris: en voyage, les couleurs se transforment en écume. Pas de place pour le fragile.

Le sol et le chariot sont reliés par consentement naturel; par les matières dans l’intimité de leurs molécules(bois, boue, etc…) mais aussi l’irréductible croyance que le chariot est fait pour la route, et la route pour le chariot.

Cette idée sonne faux. Dans la réalité, les chariots sont le plus souvent immobiles, et les routes ne sont pas empruntées en permanence.

Ou plutôt elles le sont, mais dans le flux de l’impermanence. Toutes les zones de fixité qui résultent de cette soustraction aux choses, on les connaît mieux sous l’appellation de « champs artistiques ».

Admettons maintenant que les chariots de Privat sont vides. Qu’ils n’ont jamais roulé. Ce serait nous qu’ils attendent: nous les non-artistes;

Les invités aux voyages, mais rassurés d’avoir encore les pieds débordants de sol.

Textes  de Thierry Delhourme « extraits de la colline sans fin » voir tous les textes

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